La Bande à Picsou – Saison 1


Série phare, et à succès, des années 1980, La Bande à Picsou à fait son retour depuis quelques temps sur Disney XD, chaîne télévisée du célèbre studio de Mickey, dans une nouvelle forme, plus moderne et à l’animation léchée. Simple gourmandise pour les plus jeunes, afin de vendre les stocks des figurines des personnages, ou véritable madeleine de Proust intergénérationnelle ? 

La bande à Picsou dans le cockpit (critique de la saison 1)

                                                  © Disney

Palme d’Or

Si comme nous, vous êtes nés dans les années 90 vous vous souvenez sûrement avec joie de l’une des séries animées les plus enthousiasmantes de la chaine télévisée du studio aux grandes oreilles : La Bande à Picsou (Jymn Magon, 1987-1990) – dont le succès entrainera la création de Tic et Tac, rangers du risque (Tad Stones et Alan Zaslove, 1989-1990) et Super Baloo (Jymn Magon et Mark Zaslove, 1990-1991), entre autres… Depuis 2017, sur la chaîne Disney XD, Picsou, Donald, Riri, Fifi et Loulou se sont offerts une remise en beauté grâce à un reboot de la série animée avec plein de nouvelles histoires de canards à nous raconter. Dans une époque où les reboots, remakes et autres bêtises nostalgiques sont légions, nous étions en droit de nous questionner sur la nécessité d’un tel objet télévisuel. Force est de constater que La Bande à Picsou efface ce doute dès la première minute du premier épisode. On retrouve les différentes clés de réussite de son aîné – autant avec les personnages, l’humour, ou la bonne dose d’aventures en tous genres. Il faut bien l’avouer, La Bande à Picsou est aux plus petits ce que Les Aventuriers de l’Arche Perdue (Steven Spielberg, 1981) est aux plus grands si bien qu’un savant mélange des deux productions donneraient quelque chose comme Les Goonies (Richard Donner, 1985). Bref que ce soit la série originale ou cette nouvelle mouture, les deux produits ont été biberonnées aux travaux de Steven Spielberg, et l’on ne va pas s’en plaindre ! Car alors même que La Bande à Picsou regarde derrière elle, aussi bien son modèle que ses influences, elle se trouve être profondément tournée vers l’avenir – le bec de canard droit devant elle.

PIcsou, Riri, Fifi, Loulou (critique de la saison 1 de La Bande à Picsou)

                                               © Disney

Cette saison inaugurale possède une force scénaristique incomparable en nous présentant toute la galerie de personnages et les décors qui seront utilisés dans les saisons à venir – on le devine – mais également un fil rouge assez puissant d’un point de vue émotionnel, qui rythme et construit toute cette première salve d’épisodes. À l’inverse de nombreux séries animées destinées aux enfants, La Bande à Picsou se paye le luxe d’un fil rouge, qui force les spectateurs à découvrir les épisodes dans l’ordre – là où ce type de programme, face aux désordres des diffusions télévisées, mise davantage sur des histoires indépendantes. On prend les plus petits pour des grands, tout en démontrant aux plus grands que les programmes des petits ne leur sont pas uniquement réservés – de manière plus simple on réunit les familles. Et c’est bien toute la question que se pose cette première saison : qu’est-ce qui fait qu’un groupe de personnes est “une famille” ? Par le prisme de Riri, Fifi et Loulou, les neveux de Donald, un axe narratif autour de la disparition de leur mère rythmera les différents épisodes, et ce qui permet des confrontations assez fortes avec Donald et Picsou. Si une telle thématique n’est pas facile à aborder pour un programme jeunesse, il est admirable de constater ô combien elle sera traitée comme un programme adulte le ferait, n’esquivant jamais les questions qui dérangent, ne mettant jamais de voile sur les problèmes émotionnels que cela engendre sur les proches. Cela reste tout public, mais il est très rafraîchissant de voir un tel programme ne pas prendre ses spectateurs, quels qu’ils soient et qu’importent leurs âges, pour des imbéciles incapables de comprendre de tels problématiques et enjeux émotionnels. D’ailleurs, comme pour contrebalancer avec cela, le reste des éléments se voudront très légers, à l’image de l’animation et de l’humour de la série.

PIcsou et sa bande dans la série La Bande à Picsou (critique saison 1)

                                                © Disney

Le charme incomparable, et plus encore l’identité de la série, se trouvent dans l’animation de La Bande à Picsou. Toujours en 2D, comme son aîné, elle possède pourtant – dans les traits et traitements de fond – une patte hors-normes qui nous ferait reconnaitre le programme entre mille autres. Cette esthétique si particulière est cristallisée dans le sublime générique d’ouverture, où l’appartenance à la bande-dessinée, média d’origine de la joyeuse troupe, est mise en avant et permet cette impression de 3D où les personnages sortent de leur case pour arriver directement dans notre télévision. Ces mêmes personnages ont un capital sympathie hors du commun, que ce soit du côté de Riri, Fifi, Loulou ou même de leurs adversaires, plus méchants et charismatiques les uns que les autres. Cette galerie de personnages apparaissent, le temps d’un épisode ou plus, pour un simple clin d’œil ou en antagoniste principal, sans que jamais leur caractérisation ne soit bâclée. Vous l’aurez compris, cette nouvelle série animée est une gourmandise qui se dévore sans faim, et dont on en redemande encore ! Cela tombe bien, une seconde saison est déjà diffusée, tandis qu’une troisième verra le jour durant l’année 2020. Noël approchant, c’est définitivement la période pour partir à l’aventure avec nos/vos canards préférés. Woo-oo !


A propos de William Tessier

Si vous demandez à William ce qu'il préfère dans le cinéma, il ne saura répondre qu'avec une seule et simple réponse. Le cinéma qu'il aime est celui qu'il n'a pas encore vu, celui qui ne l'a pas encore touché, ému, fait rire. Le teen-movie est son éternel compagnon, le film de genre son nouvel ami. Et dans ses rêves les plus fous, il dine avec Gégé.

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