The Last Survivors


Réalisé en 2014 par Tom Hammock, The last survivors (The well) s’inscrit dans la tendance bien actuelle de la fiction post-apocalyptique. Le film sort cette semaine en direct-to-video. En attendant, Fais pas genre vous décrypte ce premier essai d’Hammock en tant que réalisateur.

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Can I have water please ?

The last survivors ou les derniers survivants en français traduit du titre original The well, est un film où d’emblée, nous comprenons vite que nous avons affaire à un énième film post-apocalyptique qui s’apparente davantage à la quadrilogie des Mad Max (George Miller, 1979, 1981, 1985 et 2015) ou de The road (John Hillcoat, 2009) que de la série Walking dead de Frank Darabont (2010-2016). Je m’explique : l’histoire lorgne plus du côté du désastre naturel que d’un désastre biologique ou industriel comme c’est le cas dans de nombreux films post-apocalyptiques aujourd’hui. Pour être précis, ici, c’est d’une pénurie d’eau dont il s’agit, là où dans Mad Max il s’agissait d’une pénurie de pétrole. Évidemment, cette pénurie n’est pas généralisée et cette denrée rare et inestimable qu’est devenue l’eau est détenue par quelques « puissants » desquels il faudra se protéger dans un premier temps pour ensuite se battre et renverser la tendance.

tls_1Dans un futur pas si éloigné, Kendal – incarnée par Haley Lu Richardson – est la jeune femme qui mènera cette lutte sans merci pour sa survie dans une vallée aride au milieu du désert de l’Oregon. Cela fait maintenant dix ans qu’il n’est pas tombé une seule goutte de pluie et les dernières sources se sont taries. Les règles sociales ont laissé place à l’anarchie et à la violence auxquelles elle devra faire face, soutenue par Dean, autre jeune homme orphelin. Les deux jeunes se débrouilleront tant bien que mal pour survivre dans ce monde austère et se battront pour défendre le peu qu’il leur reste, en l’occurrence un puits en fonctionnement qui leur appartient. Contre qui ? Un homme, dont nous savons peu de choses, qui a bien compris que détenir l’eau, c’est détenir le pouvoir. Accompagné de ses sbires, il éliminera toutes les personnes qui, selon lui, pompent illégalement son eau. Une sorte de dictateur en somme.

L’histoire est plutôt banale et ne révolutionne clairement rien dans le genre. Ceci dit, il faut souligner la qualité de l’image et des décors, accordés par Tom Hammock. Il faut dire que le réalisateur a fait ses armes en tant que chef décorateur sur You’re next (2013) et Blair Witch (2016) du même Adam Wingard. En effet, les décors sont convaincants et la désolation ambiante représentée favorise l’immersion pour le spectateur. De même, le fait qu’il y ait peu de dialogues, aucune bande-son et peu d’acteurs permet de se concentrer davantage sur l’histoire et les personnages. Et là, que dire ? Hormis ces scènes dans lesquelles Kendal n’hésite pas exploser les têtes des sbires à-tout-va, le film contient de véritables problèmes de rythme et d’intensité. Par exemple, l’interprétation de Jon Gries en persécuteur et méchant baron de l’eau laisse à désirer, à tel point que l’on a du mal à croire qu’il détienne autant de puissance. Nous sommes à milles lieux du récent Mad Max Fury Road (2015) qui traite exactement du même sujet : la survie dans un monde où la ressource principale est tls_haleylu_3contrôlée par quelqu’un de très méchant. Nous sommes plus du côté d’un survival féminin intimiste dans lequel nous vibrons et ressentons aux côtés de Kendall et dans lequel nous nous demandons jusqu’où ira-t-elle ensuite.

The last survivors est un film qui se veut réaliste et qui traite d’un problème écologique majeur et actuel : la sécheresse. Le parti pris semble assumé de Hammock. Très loin du côté grandiose des dernières productions actuelles similaires comme Le labyrinthe : la terre brûlée (Wes Ball, 2015) ou le dernier Mad Max (2015), le métrage s’inscrit donc davantage dans le réel et dans l’idée de « quelque chose qui pourrait arriver ». L’intention est louable, sauf qu’elle se traduit par d’incroyables lenteurs qui nuisent clairement à la qualité globale du film. La question que l’on serait tenté de se poser, c’est : est-ce qu’un survival peut contenir des passages « lents » ? La réponse est évidemment oui à condition qu’ils servent le suspense – il suffit de revoir La colline a des yeux de Wes Craven (1977), lui aussi tourné dans le désert, pour s’en convaincre – ce qui n’est pas vraiment le cas dans The last survivors.  Il y a fort à parier que Hammock persévérera dans la réalisation. Espérons juste pour lui – et accessoirement pour nous ! – qu’il saura régler ces questions liées au rythme ! Pour rappel, The last survivors sort le 18 Octobre en DVD édité par Swift dans une édition DVD des plus simple puisqu’il n’y a aucun bonus.


A propos de Isir Showzlanjev

En parallèle d'une carrière psychosociale, Isir a hérité d'une pathologie incurable, à savoir visionner des films par lot de six. Il ne jure que par Sono Sion, Lynch, Polanski et voue un culte improbable à Fievel. Il aime aussi les plaisirs simples de la vie comme faire de la luge, monter aux arbres et manger du cheval.

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