29 Palms 2


Ayant beaucoup entendu parler de 29 Palms sans pour autant l’avoir vu, c’est, tout comme pour Animal Love la semaine dernière, devant Arte ce vendredi 29 janvier, que je découvrais le cinéma de Bruno Dumont, auteur notamment de Hadewijch, sorti récemment. Et je ne comprends pas pourquoi ce 29 Palms, un exemple de vide cinématographique, est le film le plus remarqué du réalisateur.

Comme je viens de le dire, je ne connais la filmographie de Bruno Dumont que de nom. Et si tout le reste de sa filmo est au niveau de 29 Palms, je préfère demander l’addition et buonasera signorina, kiss me goodnight. Plus objectivement, parlons du film. D’accord, c’est bien filmé : Bruno Dumont a un sens de la mise en image qu’il faut saluer franchement. L’intérieur du 4×4 est montré avec la même sensation de profondeur, de grand espace paisible, que les grandes étendues. La lumière est très claire, et comme la grande majorité du film se passe en extérieur, de très beaux paysages s’offrent au spectateur, et je le redis encore une fois, ils sont filmés avec talent.

J’ai dit assez de bien, maintenant, je passe à ce que j’aime faire le plus : la langue de pute (le pouvoir de Zemmour me pousse à céder). Honnêtement, l’image est le seul point positif de ce film.Le scénario est inexistant ; voilà à quoi se résume l’histoire : David, un photographe, part avec sa compagne Katia, pour faire des repérages dans le désert californien. Voilà. Intéressant, non ? Et une fois qu’on a compris ça, le film n’est plus qu’une alternance entre une scène de grand air et une scène de cul. Parfois, le réalisateur combine les deux (peut-être pour gagner du temps, déjà que le film fait près de deux heures), et on a donc une scène de cul en plein air !!! Quelle inventivité ! Et puis surtout, il y a cette fin ridicule, la mort de Katia, pliée en trois plans, qui fait retomber une pression qui n’existait pas pendant le reste du film. On a beaucoup comparé 29 Palms à du Lynch (Twin Peaks, notamment), voire même à des classiques de l’horreur du type La Colline a des Yeux. En le regardant, j’avais plus en tête Zabriskie Point ou Blow-Up d’Antonioni, mais dans une version aussi plate que les grandes plaines californiennes.

Parlons maintenant du montage et de ses plans chiantissimes, mais beaux (mais chiantissimes). Je veux bien voir des beaux paysages, mais quand on a le panorama entier, et que l’acteur marche et qu’on attend qu’il disparaisse pour envoyer le générique de fin, je crie halte ! Vos papiers ! C’est le genre d’extraits de films qu’on passe en exposition à Nature & Découvertes… Des tas de cinéastes ont su prouver que l’utilisation des plans longs était un art (Antonioni, dans les deux films cités précédemment, par exemple), mais là c’est juste fade et ennuyeux.

Le réalisateur Bruno Dumont ayant gardé le pire pour la fin, je vais donc suivre son exemple en finissant par parler des acteurs. Surtout Katia Golubeva. Soit je suis un abruti total qui n’a rien compris au film, soit c’est normal, toujours est-il que je n’ai pas compris pourquoi elle meurt à la fin. Et c’est à la fois un soulagement et une déception (supplémentaire) que de la voir mourir. Un soulagement parce que, depuis le début, j’avais bien envie de mettre une paire de claques à cette actrice insupportable qui joue un personnage hystérique et, donc, encore plus insupportable, et une déception parce que c’est dommage que ça ne soit pas arrivé plus tôt. Son jeu est sans goût, froid et mou. Même ses crises d’hystérie ne sont pas crédibles. Quand à David Wissak, acteur inconnu au bataillon, il s’en tire mieux, même s’il se rase le crâne comme une tanche et a une petite quéquette. 29 Palms est une grosse déception, un film qui vaut seulement pour ses images. L’exemple type du film d’auteur pompeux, quoi. Tiens, ça m’a donné envie de me remater Ken Park, du coup…

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A propos de Valentin Maniglia

Amoureux du bis qui tâche, du gore qui fâche, de James Bond et des comédies musicales et romantiques. Parle 8 langues mortes. A bu le sang du Christ dans la Coupe de Feu. Idoles : Nicolas Cage, Jason Statham et Michel Delpech. Ennemis jurés : Luc Besson, Christophe Honoré et Sofia Coppola.


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