Le mystère des fées


Au fin fond de la campagne anglaise au début du XXeme siècle, deux sales gosses ont un jour dupé Sir Arthur Conan Doyle et des millions de personnes. Voici leur histoire.

Fairy tale

Fée pas genre ! 

MSDFATA EC009Peut-être ne connaissez-vous pas la fameuse histoire des fées de Cottingley ? L’histoire d’Elsie, 16 ans, et Frances, 10, qui un jour racontent à qui veut l’entendre qu’elles ont pris le thé avec des fées, une excuse comme une autre pour expliquer pourquoi elles sont trempées. Probablement vexées qu’on ne les croit pas, elles rapportent pour preuves des photographies plutôt réalistes qui finiront par attiser la curiosité de Sir Arthur Conan Doyle, le papa de Sherlock Holmes, qui y croit dur comme fer, surtout après l’expertise de l’entreprise Kodak qui conclura que les photos n’ont pas été trafiquées pendant le développement. Kodak insistera sur le fait que quand même les ailes nettes c’est pas possible parce que les fées, si elles existent, ont dû bouger pendant la prise de vue. Cela n’arrêtera pas Sir Conan Doyle et il en contera l’histoire qui fera le tour de l’Angleterre dans le Strand Magazine et dans le livre Les fées sont parmi nous – une enquête inédite. Ai-je oublié de dire que si on le connait principalement pour son grand détective, Conan Doyle a une passion pour le spiritualisme, passion qui se retrouve d’ailleurs dans les enquêtes du professeur Challenger (Le monde perdu par exemple) ? Quoiqu’il en soit les filles deviennent des petites vedettes avant de tomber dans l’oubli, car à l’époque les photos de ce genre pullulent et les fées sont passées de mode, on préfère les fantômes c’est un peu plus excitant. Conan Doyle perd alors toute crédibilité et devient la risée de son pays pendant que les filles déménagent et refont leurs vies à l’étranger. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que les médias s’intéresseront de nouveau à elles, elles qui continueront de nier le trucage mais prétendront que les fées n’existent pas et qu’elles étaient le fruit de leurs imaginations débordantes. Imagination qui imprégnera la pellicule. On a connu mieux comme excuse, n’est ce pas ? En 1978 des scientifiques utilisent une nouvelle technique qui révèle les trucages tenant les fées de papiers et les filles devenues des vieilles dames avoueront finalement la supercherie. Voilà pour le point Stephane Bern.

La (vraie) photo la plus célèbre de l'affaire des Fées de Cottingley, tape des mains si tu y crois !

La (vraie) photo la plus célèbre de l’affaire des Fées de Cottingley, tape des mains si tu y crois !

C’est donc cette histoire que raconte Le mystère des fées – une histoire vraie – sorti un mois après Forever (Nick Willing) qui se place du côté des journalistes sceptiques tentant de démontrer la supercherie – une histoire où une Madame Wright complètement dépressive ne se remet pas de la mort de son fils de 12 ans et se rend dans de sombres réunions débattant sur l’existence des anges, persuadée que son enfant disparu en est un. Pour l’aider dans son deuil, Frances, sa petite nièce nouvellement débarquée en Angleterre, qui croit aux fées, montera la fameuse supercherie avec sa cousine et se laissera déborder par les événements sans jamais rien avouer. Sur fond de Première Guerre Mondiale et de gueules cassés Le mystère des fées – une histoire vraie nous rappelle le très joli La petite princesse (Alfonso Cuaron, 1995) ou encore le culte Matilda (Danny DeVito, 1996) où il suffit de croire pour voir, jolie magie enfantine. Car même si le mensonge du trucage fait partie intégrante du film, les fées et les fantômes existent cependant et sont vus par les enfants comme par le méchant journaliste sceptique. Il est intéressant de noter que le film s’ouvre sur une présentation de Peter Pan qui tape très fort dans ses mains parce qu’il croit aux fées… Alors que dans la vraie vie, môssieur JM Barrie, suite à cette histoire de fées, a désavoué son ami Conan Doyle, ce qui est ironique en plus d’être vraiment méchant. Dans Le mystère des fées – une histoire vraie, Sir Arthur est épaulé du plus célèbre des magiciens Harry Houdini, qui, Capture d’écran 2016-01-31 à 03.26.13quant à lui, est persuadé que tout ceci n’est qu’un séduisant trucage. Le film s’offre un joli casting avec Harvey Keitel en Houdini, Bill Nighy en téologiste débattant sur l’existence des anges, qui malheureusement n’est pas servi côté maquillage et ressemble à un ersatz de Caitlyn Jenner. Peter O’Tool est Conan Doyle et Mel Gibson nous fait un petit caméo, entre autres. Les fillettes, Florence Hoath et Elizabeth Earl sont de charmantes petites pestes. Les décors anglais sont magnifiques et les fées sont étincelantes et crèvent l’écran !

En ce qui concerne le DVD, paru en novembre 2015, l’image et le son sont impeccables. Malheureusement la galette ne nous propose rien d’autre en bonus qu’une galerie photo et une bande annonce – je n’ai jamais compris pourquoi on mettait des bandes-annonces en bonus – et c’est un peu dommage, moi qui suis fan de making-of. D’autant plus dommage que les éditions précédentes du DVD proposaient une présentation du film par le journaliste Patrick Brion.

 

 


A propos de Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie avant d'ouvrir sa propre salle de cinéma. Ses spécialités sont les comédies musicales, la filmographie de Jean Cocteau, les sorcières et la motion-capture.

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