Gangsters, Guns & Zombies


Depuis la sortie de 28 jours plus tard en 2002, le film de zombies est très rapidement revenu au goût du jour, à tel point qu’il est presque devenu une institution, plus qu’un sous-genre. Parce que le film de zombies a ses sous-sous-genres à lui aussi: louchant du côté du film post-apocalyptique, du western, de la comédie… Et le phénomène marche aussi très bien pour les jeux vidéo. Une bande de britanniques vient de se coller à un nouveau croisement: celui du film de zombies et du film de gangsters. Ça s’appelle Gangsters, Guns & Zombies et c’est sorti le 2 octobre en DVD et Blu-Ray chez Emylia.

 

Tu braques ou tu claques

Alors qu’une étrange épidémie est en train de frapper la plupart des gens qui les entourent, Tony et son gang préfèrent se focaliser sur leur gros braquage. Q, le chauffeur (pas vraiment expert en fabrication de gadgets, par ailleurs), avait un objectif simple: conduire la fourgonnette et amener tout le monde à la planque. Mais, évidemment, rien ne se passe comme prévu, et l’épidémie se transforme assez rapidement en apocalypse zombie… Il ne reste plus qu’une seule solution pour profiter du fric et échapper aux morts-vivants: filer à l’anglaise.

Gangsters, Guns & Zombies est un projet qui remonte à 2011, lorsque Matt Mitchell, réalisateur de plusieurs courts-métrages, et sa femme, décident de se lancer dans l’aventure du premier long. Bien sûr, ils n’ont pas un seul sou pour commencer. Leur script arrive à convaincre les acteurs qu’ils avaient envisagé, et ceux-ci acceptent de travailler gratuitement. Plutôt bien partis, ils s’inscrivent sur le site Sponsume, l’équivalent british de Ulule, avec un objectif de 1500 livres sterling (environ 1900 euros), qui servent uniquement à la fabrication des effets spéciaux et à la nourriture. Leur objectif est atteint, avec même un petit plus puisqu’ils obtiennent £1640 de la part des internautes.

Dès les premières secondes, on sent Matt Mitchell très influencé par Guy Ritchie: la scène initiale de Gangsters, Guns & Zombies semble être un croisement entre le début de Reservoir Dogs et les dialogues et des personnages tout droit sortis de Snatch. Le second degré sera donc de mise, il n’y a aucun doute là-dessus. Si le découpage de la première partie du film est assez plaisant, Mitchell s’éloigne un peu de ses références, et c’est dommage, d’autant plus que cela semble involontaire. On suit le gang dans une sorte de road-movie à travers les campagnes du pays du pudding, en entrecoupant le voyage de séquences de dézinguage de zombies, mais sans jamais arriver, malheureusement, à captiver le spectateur comme le faisaient ses modèles. De temps en temps, on replonge dans l’ambiance sympathique et le second degré du début, mais ça ne dure guère que le temps d’un dialogue ou de quelques plans, parsemés ici et là dans le reste du film – et surtout dans la dernière partie.

Le film, réalisé avec peu de moyens, ne nous fait jamais oublier qu’il a été réalisé dans une ambiance chaleureuse. Dans la bonne humeur, donc. Il était d’ailleurs très judicieux de glisser des morceaux de making-of dans le générique de fin, pour accentuer le côté familial de sa conception. Le tout est relativement plaisant, et se laisse regarder sans problème – malgré le choix, plutôt dérangeant, de faire courir les zombies. Pourtant, même s’il ne tourne jamais à vide, Gangsters, Guns & Zombies se perd un peu dans son milieu, et abandonne le second degré qui faisait le plaisir de sa séquence initiale. Des maladresses qui lui portent préjudice, puisque l’on oublie assez rapidement le fond du film après l’avoir vu. On veut bien croire que Matt Mitchell et son équipe feront mieux la prochaine fois.


A propos de Valentin Maniglia

Amoureux du bis qui tâche, du gore qui fâche, de James Bond et des comédies musicales et romantiques. Parle 8 langues mortes. A bu le sang du Christ dans la Coupe de Feu. Idoles : Nicolas Cage, Jason Statham et Michel Delpech. Ennemis jurés : Luc Besson, Christophe Honoré et Sofia Coppola.

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