Le Caveau de la Terreur


Premier né d’une nouvelle collection British Terrors,  ESC édite pour la première fois en France un film à sketchs inspiré des célèbres EC Comics, Le Caveau de la Terreur : petite critique post-mortem du long-métrage de Roy Ward Baker sorti en 1973.

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Panne d’ascenseur

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Je ne vais pas vous refaire l’historique du film à sketches, on a tous nos petits chouchous du genre du sublime Les Trois Visages de la Peur (Mario Bava, 1963) à Creepshow 3 (Anna Clavell & James Glenn Dudelson, je fais exprès de citer celui-ci lol) en passant par Les Infidèles (trop de réalisateurs, 2012, lol again). Je ne vais pas trop m’élancer non plus sur les fameuses bandes dessinées EC Comics qui ont inspiré moult créations audiovisuelles à la qualité pas piquée des hannetons comme Creepshow 3 (lol) ou la série TV Les Contes de la Crypte (1989-1996) diffusée jadis sur HBO. Par contre, je peux vous dire le bien que l’on pense d’un inédit, lui aussi pensé dans l’héritage des EC Comics, et intitulé Le Caveau de la Terreur (The Vault of Terror en VO). Beaucoup mieux que Creepshow 3, Le Caveau de la Terreur est un film à sketchs regroupant cinq histoires directement adaptées des BD sus-citées, mises en image par le solide artisan Roy Ward Baker dont on vous avait chroniqué Le Club des Monstres (1980) il y a déjà quelques années.

Cinq hommes d’âge mûr se retrouvent dans l’ascenseur d’un building. Ils ne se connaissent pas mais doivent bien sympathiser lorsque l’ascenseur les emmène dans une salle étrange où des fauteuils sont installés et où ils ont de l’alcool à volonté. On ne sait pas ce qu’ils font là, ils ne savent pas ce qu’est cette pièce mais ils s’installent et décident de se raconter leurs rêves histoire de passer le temps jusqu’à ce que quelqu’un vienne leur expliquer ce qu’ils foutent là. Voici le point de départ qui justifie les cinq sketchs, présentés donc comme des songes (ce qu’ils ne sont pas tout à fait, twist final oblige d’ailleurs défloré par le texte de l’éditeur à ne pas lire donc) narrés par chacun des protagonistes. Comme toujours dans les films à sketchs, la qualité des segments peut sembler variable. Votre serviteur a ses préférences personnelles, allant d’abord aux sketchs 1 et 3, mais Le Caveau de la Terreur n’a pas vraiment le défaut de ses compères et n’a pas de chapitre poids mort ou de récit qui semble particulièrement plus faible que les autres. Tout juste, certains pourront être plus prévisibles mais le savoir-faire de Roy Ward Baker à l’aise dans la terreur qu’elle soit domestique, fantastique ou exotique, le charme du fantastique british de l’époque et surtout le plaisir de retrouver la mécanique d’écriture chérie des EC Comics (court récit avec chute et punition/damnation du personnage principal par ses propres vices) font du long-métrage un objet des plus sympathiques et frais à posséder pour les amateurs.

ESC est loin de gâcher la fête avec une édition combo DVD/Blu-Ray disposant de bonnii sérieux à ravir : en l’état un livret de 16 pages rédigé par le journaliste cinéma Marc Toullec (Ciné Live, Impact, Mad Movies), une présentation de la Amicus, la maison de production rivale de la Hammer qui a produit ce Caveau… par le critique et historien du cinéma Laurent Aknin ainsi qu’un entretien avec ce dernier, parfait pour un descriptif du contexte de production du film et de ses enjeux. De quoi compenser une copie imparfaite sur le son, mais dont l’éditeur est bien conscient puisqu’il s’en excuse en début de lecture, pas évident parfois de trouver des négatifs impeccables pour le travail de restauration HD…


A propos de Alexandre Santos

En parallèle d'écrire des scénarios et des pièces de théâtre, Alexandre prend aussi la plume pour dire du mal (et du bien parfois) de ce que font les autres. Considérant "Cannibal Holocaust", Annie Girardot et Yasujiro Ozu comme trois des plus beaux cadeaux offerts par les Dieux du Cinéma, il a un certain mal à avoir des goûts cohérents mais suit pour ça un traitement à l'Institut Gérard Jugnot de Jouy-le-Moutiers. Spécialiste des westerns et films noirs des années 50, il peut parfois surprendre son monde en défendant un cinéma "indéfendable" et trash.

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