La Nonne


Meilleur démarrage américain en salles du désormais univers cinématographique Conjuring , La Nonne de Corin Hardy est censé être LE film d’épouvante de cette rentrée 2018. Alors, pur produit très cadencé d’une franchise bien trop consumériste ou petite perle horrifique lui apportant le vent de fraîcheur souhaité et souhaitable ?

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Couvent en T

Après la poupée Annabelle (John R. Leonetti, 2014), c’est au tour de la sœur maléfique du dernier film Conjuring 2 – Le Cas Enfield (James Wan, 2016), d’être exploitée par le maître à penser des franchises Saw, Insidious et Conjuring. Donné à réaliser au presque inconnu Corin Hardy – réalisateur du Sanctuaire (2016) – il n’y avait quand même déjà presque aucun doute sur le fait que, se plaçant dans une lignée de productions établies dans le modus du script facile, de la surenchère du jumpscare et des plus gros clichés de films de possessions, La Nonne n’allait pas être la révélation de l’année. Pas le genre de produits pour lequel on se déplace avec l’excitation saisissante des six mois d’attente, après moult passages de celui-ci en festivals spécialisés. Néanmoins, il s’avère que s’installe une certaine forme de petit pèlerinage pour profiter de la dernière production du sino-malaisien James Wan, en pleine création de son univers étendu dont le récit de cette nonne démoniaque est censé être chronologiquement, le premier. Peu d’acteurs au casting, on y retrouve Taissa Farmiga – la petite sœur de l’actrice des Conjuring , Vera Farmiga – accompagnée de Demian Bichir et Jonas Bloquet, pour les plus connus (ou pas).

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Une porte fermée, quelque chose de très sombre en son sein, une nonne happée style Gandalf contre un Balrog, une présence oppressante, une fenêtre, une corde et une nonne pendue devant l’entrée d’un cloître quelques semaines plus tard. Voilà comment le récit lance le ton dès les premières secondes. On aura affaire à un couvent hanté, dans les années cinquante, en Roumanie et à l’obscur enquête d’un prêtre exorciste et d’une apprentie sœur sur les événements qui s’y sont déroulés un peu plus tôt. Rien de neuf sous le soleil – ou sous les ténèbres, à vous de choisir – en somme. On sent d’avance pointer la traditionnelle investigation ésotérique qui tourne mal, avec son lot de péripéties toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Quelques séquences retiendront l’attention du cinéphile averti, avec quelques clins d’œils à un certain cinéma gothique des années 60’s-70’s et particulièrement certaines productions de la Hammer ou certains films de Roger Corman comme L’enterré vivant (1962) ou The Pit and The Pandulum (1961), avec quelques bonnes idées en prime. Mais en globalité le résultat n’amène que des situations malheureusement toutes très prévisibles, avec, sans point douter, son lot de jumpscares faciles qui ne font plus sursauter grand monde, sauf peut être les plus jeunes ou novices du genre.

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Et comme par hasard, la plus grosse déconvenue du long-métrage, est, à l’instar des ses prédécesseurs, la mollesse d’esprit et le non intérêt global pour ces personnages. Pourtant, cette fois-ci, comme indiqué plus haut, ils ne sont pas beaucoup, ce qui aurait pu faire en sorte qu’ils soient un peu plus travaillés qu’a l’accoutumé. Mais non, toujours aussi peu instinctifs, les facilités du film le sont surtout parce que de génie, ils ne brillent jamais. Certes, on admettra que c’est une série B et qu’on a sûrement pas besoin d’avoir des Einstein à l’intérieur pour la développer, mais quand même, c’est assez usant de toujours devoir se dire que le personnage sur l’écran en face de vous est d’une débilité assez consternante. Nonobstant, je pourrais me contenter de lister ce qui est désagréable ou pas à la vision de ce nouvel opus de la saga Conjuring, mais j’en oublierais de citer ce pourquoi celui-ci est peut-être une des meilleures surprises de cette saga – toutes proportions gardées : l’ambiance. Parce qu’il est rare dans ce genre de films de respirer la véritable atmosphère poisseuse et tellurique d’un tel couvent totalement hanté. Ici les décors sont particulièrement réussis et si le budget n’est pas passé dans le scénario, on sait qu’il est de sortie pour la reconstitution des lieux – édifice gothique digne du plus malfaisant des châteaux de Dracula – et de l’environnement. Ce qui peine d’autant plus, a la vue de la qualité questionnable de La Nonne, que l’on laissera indéniablement dans l’oubli des limbes les plus funestes.


A propos de Willys Carpentier

Son prénom n’est pas une référence cinéphile au Bruce que l’on connait tous, même s’il partage son nom avec son idole absolue, John. Sa passion pour le cinéma qui fait pas genre découle de celle qu’il a pour le Death Metal, elle fait peur et est pleine de saturation et d’hémoglobine et ce même si plus jeune, il ne décrochait pas de Peter Pan. Enfin, fait intéressant, il porte une haine sans égards pour Woody Allen.

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