Casper 1


Toujours dans la perspective de vous proposer une rétrospective Halloween en famille, retour aujourd’hui sur ce film que l’on peut considérer désormais culte, Casper (Brad Silberling, 1995).

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A Ghost Story

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Dans un manoir en ruine au fin fond du Maine, vivent en cohabitation Casper, le gentil fantôme d’un enfant de douze ans, et ses trois oncles dont la sympathie est proche du néant. Leur petite vie d’errance aurait pu continuer pendant des années, au grand dam de Casper qui ne souhaite qu’une chose, se faire des amis, si une petite blonde vénale n’avait pas hérité de ce manoir cachant un prétendu trésor. Ni une ni deux, celle-ci s’offre les services des plus grands spécialistes, avec au passage un petit caméo de  Ray  Stantz (incarné par Dan Aykroyd dans SOS Fantômes 1 et 2, en 1984 et 1989) pour notre grand plaisir. Un jour elle découvre via un reportage télévisé qu’il existe un psychologue de fantôme, le docteur James Harvey (Bill Pullman), veuf de son état, et décide de le faire emménager lui et sa fille Kate (la géniale Christina Ricci), dans le vieux manoir, pour que les fantômes – ou comme le docteur Harvey les appellent, les diminués vivants – puissent commencer une psychothérapie et quitter les lieux au plus vite. Rapidement, Kat et Casper deviennent amis et confidents et la jeune fille aidera son amnésique ami à se souvenir de son passé de vivant. Sortez les mouchoirs à ce moment-là, parce que c’est triste de se rendre compte que c’est quand même l’histoire d’un enfant de douze ans qui devient fantôme pour que son père ne reste pas tout seul. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai un cœur. Père, au passage génial inventeur, qui met au point une machine répondant au nom de Lazarus, pouvant faire revenir un seul fantôme à la vie. Malheureusement il sera interné avant d’avoir pu ressusciter son fils qui erre depuis dans ce manoir.

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Autant vous le dire tout de suite, je trouve que les effets spéciaux – signés ILM et Joe Letteri – n’ont pas vieilli d’un pouce, à moins que ce soit mon cœur d’enfant des années 90 qui refuse de voir la vérité en face, c’est possible aussi. D’ailleurs, en visionnant les bonus de mon vieux DVD, j’ai découvert l’existence d’une scène musicale mettant en scène les trois oncles de Casper torturant ce pauvre docteur Harvey en lui chantant que c’est génial d’être un fantôme. Cette séquence qui aurait pu devenir mythique a été malheureusement annulée, car ILM la facturait beaucoup trop cher, forcé de tripler la note quand les fantômes interagissaient entre eux. Dommage pour nous. En outre, ce sont les décors de carton-pâte qui ont pris un sacré coup, mais leur esthétique un peu surannée reste charmante malgré tout. Le casting est impeccable et c’est ce qui a aidé certainement cette comédie familiale à atteindre le rang de film culte. Christina Ricci est émouvante dans ce rôle de jeune adolescente un brin gothique – après tout, on ne peut jamais vraiment se défaire de Mercredi Addams… – Cathy Moriarty incarne une parfaite méchante de films familiaux et les petits caméos de Clint Eastwood ou encore de Mel Gibson ajoutent encore plus au cachet délicieux du long-métrage. Mais le long-métrage Casper c’est aussi une jolie histoire, permettant aux plus jeunes d’entre nous– et peut-être même au plus vieux, qui suis-je pour juger ? – d’appréhender le mythe des fantômes plus sereinement. Ainsi, le film parvient à traiter le sujet du deuil, bien qu’il puisse paraître sous-exploité, il suffit de creuser un peu pour se rendre compte qu’au final, sous la coquille du divertissement familial, se dessine une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît, celle de plusieurs personnages qui doivent accepter d’aller de l’avant et d’accomplir diverses sortes de deuils.

Casper the friendly ghost, est à l’origine un personnage écrit et inventé pour une branche de Paramount Pictures pour une série de dessin animé de 1950 à 1959 qui compte une cinquantaine d’aventures du gentil fantôme, de ses oncles et de Wendy la sorcière, sa meilleure amie. Une nouvelle série de 26 épisodes sera créée en 1962, jusqu’en 1963. Les aventures de Casper sont ensuite dérivées en livres, courts et moyens et longs-métrages animés, jeux vidéo, jouets ainsi qu’une bande dessinée éditée par Harvey. Bref, ce petit fantôme est très lucratif. Le film de 1995 connaîtra deux suites, sorties directement en vidéos, Casper, l’apprenti fantôme (Casper: A Spirited Beginning, Sean McNamara, 1997) et Casper et Wendy (Casper Meets Wendy, Sean McNamara, 1998) où son amie sorcière est incarnée par la queen de la pop culture, l’indétrônable Hilary Duff, qui signe là un de ses premiers rôles. Aujourd’hui, Casper me manque un peu et je ne serai pas contre une nouvelle franchise, à l’ère des Chair de poule (Goosebumps, Rob Letterman, 2015) et Chair de Poule 2 (Ari Sandel, 2018) qui, entre autres – on vous parlait la semaine dernière de La Prophétie de l’Horloge (Eli Roth, 2018) par exemple – re-convoquent les saveurs de ce cinéma d’antan qu’on aimait tant.


A propos de Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie avant d'ouvrir sa propre salle de cinéma. Ses spécialités sont les comédies musicales, la filmographie de Jean Cocteau, les sorcières et la motion-capture.


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