Anna and the Apocalypse


Faisant l’ouverture de l’édition 2018 de l’Etrange Festival se tenant au forum des images, Anna and the apocalypse fait déjà parti du top 2018 de la rédactrice chargée de cet article. Et vous allez très vite comprendre pourquoi !

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Santa Zombie, so hurry down the chimney tonight

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S’il y a des genres qui sont plutôt boudés par les cinéastes français, c’est bien la comédie musicale – si l’on excepte la filmographie de Jacques Demy – mais encore les films de Noël – même si Alain Chabat s’est néanmoins attelé à la tâche l’an dernier avec brio on en veut encore plus– et enfin les films de zombies (bien sûr il y a le formidable La nuit a dévoré le monde (Dominique Rocher, 2018) et plusieurs autres exemples éparses). Tandis que dans les pays anglo-saxons on voue un culte à Noël et ses pulls ringards, on saute dans les cantines pour chanter ses humeurs adolescentes et que les zombies n’attaquent apparemment que les États-Unis… Le projet du formidable Anna and the Apocalypse (Johnny McPhall, 2017) qui fait l’ouverture de l’Étrange Festival cette année peut se résumer ainsi : et si on mélange tous ces genres qu’est-ce que ça peut donner ?

Et bien ça donne ce second film du fort sympathique John McPhall venu présenter avec beaucoup d’humour son bébé. Dès le début, Anna and the Apocalypse affiche ses références avec un générique de début en dessin animé, présentant sa galerie de personnages, qui n’est pas sans nous rappeler celui du cultissime Grease (Randal Kleiser, 1978). L’histoire est celle d’une bande de lycéens et d’une petite poignée d’adulte, en pulls de Noël ringards et qui clignotent – personnellement j’ai le même et c’est le meilleur investissement de ma vie si vous voulez tout savoir – qui doivent survivre à une attaque zombie la veille de Noël. Le tout est ponctué de chansons reprenant les codes des comédies romantiques pour adolescents et jeunes adultes dont on raffole tous sans se l’avouer. Le film étonne triplement en assurant un virage vers le gore qui  ne peut que nous faire plaisir. De la scène de la cantine à la High School Musical (Kenny Ortega, 2006) – précisant dans le texte, tout de même, qu’on n’est pas chez Disney – à une scène de spectacle de Noël citant Lolita malgré moi (Mean Girl, Mark Waters, 2004), voire même une citation directe à « Over at the Frankenstein Place » extraite du Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975), les amateurs du genre de la comédie musicale sont plus que servis par une dizaine de tubes pop, bien écrits et entraînants. Tous les personnages ont le leur : des parents voulant sauver leurs enfants, à l’horrible proviseur qui se réjouit de voir la fin du monde, en passant par les chasseurs de zombies et les amoureux à la vie, à la mort. Tout le monde chante, tout le monde danse, sauf les zombies qui eux, vous vous en doutez, zombissent. Que peuvent-ils faire de plus les pauvres ?

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Le casting est impeccable, aussi bien pour les jeunes que pour les adultes, les chorégraphies sont délicieuses et on ne regrette qu’une chose au final : que le film ne dure pas plus d’une heure trente ! Et si vous vous demandez ce que font des adolescents désœuvrés lorsqu’ils attendent qu’une attaque zombie passe, le réalisateur semble avoir trouvé une réponse : Ils se marrent en regardant sur internet les autres poster des selfies avec des zombies sous le hastag #evacselfie, et prient pour que Taylor Swift – Taytay – ne se soit pas elle aussi transformée. Hommage évident à Shaun of the dead (Edgar Wright, 2004) dont il retrouve le même humour référencé, le réalisateur écossais s’éclate et réalise ici un objet fun, pas prise de tête, petit plaisir coupable d’une exécution irréprochable. L’Étrange Festival s’offre donc une ouverture festive idéale avec ce Anna and the Apocalypse qui, vous l’aurez lu ici, j’en mets ma main à coupée, deviendra très vite culte et s’imposera désormais dans la rétrospective des films de Noël qu’on regarde sans modération chaque année, entre Love Actually (Richard Curtis, 2003) et Gremlins (Joe Dante, 1984). C’est dit !


A propos de Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie avant d'ouvrir sa propre salle de cinéma. Ses spécialités sont les comédies musicales, la filmographie de Jean Cocteau, les sorcières et la motion-capture.

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