Road of the Dead


Présenté comme le premier mix entre un film de zombies et Mad Max, Road of the Dead fait son bruit. De puis une semaine, son écho est arrivé jusqu’au catalogue de notre partenaire Outbuster. Amateurs de cannibalisme et de barbarie post-apocalyptique, est-ce là la réponse idéale à vos fantasmes malsains ?

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Hausse du prix de l’essence

L’opportunisme est chose courante dans la la production du cinéma de genre. On pourrait même dire que c’est particulièrement caractéristique, en pensant aux multiples suites qui viennent orner un succès horrifique. Certaines boîtes de prod comme The Asylum font de l’opportunisme leur fond de commerce, à grands coups de « mockbusters », plagiats à peine déguisés d’un blockbuster jusque dans son titre (exemple : Snakes on a train (Peter Mervis, 2006) en réponse à Snakes on a plane de David R. Ellis sorti la même année). Il serait assez méchant de juger le projet Road of the Dead d’une semblable sentence, bien qu’il est difficile de nier que le calendrier de distribution a profité de Mad Max Fury Road, choc de l’année 2015. Sur le papier, alors que c’est évident, faire se rencontrer les zombies et un univers post-apocalyptique tout de cuir et de moteurs vrombissants est une curiosité fantasme qui 7_BERYNN_SCHWERDTa dû titiller beaucoup d’entre vous. Kiah Roache-Turner a répondu à vos attentes en suivant le combat d’une équipe de survivants contre une contagion qui a réduit l’humanité à peau de chagrin, avec tout ce que cela compte de recherche d’essence, de munitions, et de paysages désertiques.

Oui, parce que ça se passe en Australie, on pardonnera donc un peu plus l’idée de mettre les pieds dans l’univers créé par George Miller, puisque c’est maison jusqu’à la présence bienheureuse d’un aborigène au casting. Le plus grand pays d’Océanie est le décor du périple d’une poignée de résistants à l’invasion zombiesque casqués et armés parmi lesquels Barry, le personnage principal. En parallèle, nous suivons également sa sœur Brooke, mystérieusement séquestrée dans un laboratoire où un scientifique un peu barge fait joujou avec elle et les cadavres ambulants. Dans son déroulé, Road of the Dead est clairement un pot-pourri permettant de rendre plusieurs hommages : les morts-vivants sont des contaminés (thématique contemporaine du film de zombies) par une maladie sanguine n’épargnant que le groupe A négatif, ce qui permet un clin d’œil évident au Jour des Morts-Vivants (George A. Romero, 1985, avec une même histoire d’expérience sur les infectés et un lien entre la science et l’armée) mais aussi à 28 jours plus tard (Danny Boyle, 2002) dans lequel les infectés courent aussi d’ailleurs ; les survivants remarquent que le sang de ces mêmes infectés est inflammable et peut servir de carburant, ce qui va leur permettre de faire fonctionner un vrai petit11000598_10152724356884117_2709098160540847224_o (1) engin de guerre grillagé et bénéficiant d’un boost lance-flammes (ça c’est pour le côté Mad Max) ; enfin, le long-métrage tourne vers un univers encore plus fantastique avec un personnage qui commence à avoir des dons de télépathie (en référence à….Je sais plus là, mais si vous vous voyez, tant mieux).

Tout ça, c’est indéniablement fun. En plus des éléments narratifs accrocheurs, Roache-Turner donne à sa réalisation une vitalité irrésistible : la caméra à l’épaule survitaminée traverse des portières, passe d’un zombie au sol à un survivant au plafond suspendu sur une poutre, côtoie des regards caméra, des grands angles angoissants…Piochant dans sa forme l’inventivité que son scénario n’a pas autrement que dans le mélange, la première heure de Road of the Dead est séduisante. Malheureusement, lors de la dernière partie (d’autant plus malheureusement, au moment des retrouvailles entre Barry et Brooke alors que ça devrait donner un nouveau souffle narratif et émotionnel au film) l’énergie visuelle ne prend plus et le scénario s’embourbe, ne trouvant plus d’idées nouvelles. C’est là que je vais devoir spoiler (FERMEZ LES YEUX LES NENFANTS) : il ne faut pas s’étonner de perdre le spectateur d’un film de mort-vivants lorsqu’on finit par lui vendre que l’un des personnages arrive à contrôler les mort-vivants par télépathie…Si l’idée d’infectés qui deviennent les outils des héros n’est pas bête en soi, elle est aussi pitrement chiante : quel est l’intérêt d’un survival post-apocalyptique à base de zombies…Dans lequel ils ne représentent plus aucun danger ?


A propos de Alexandre Santos

En parallèle d'écrire des scénarios et des pièces de théâtre, Alexandre prend aussi la plume pour dire du mal (et du bien parfois) de ce que font les autres. Considérant "Cannibal Holocaust", Annie Girardot et Yasujiro Ozu comme trois des plus beaux cadeaux offerts par les Dieux du Cinéma, il a un certain mal à avoir des goûts cohérents mais suit pour ça un traitement à l'Institut Gérard Jugnot de Jouy-le-Moutiers.

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