La Momie


Dix huit-ans après les aventures de Rick O’Connell (Brendan Fraser) et Evelyn (Rachel Weisz) dans ce qui était déjà un remake du célèbre film de 1932 avec Boris Karloff dans le rôle phare, La Momie voit une nouvelle fois le jour avec Tom Cruise dans le rôle de « Tom Cruise chasseur de momies ». Retour sur le nouveau reboot de cette histoire, premier film d’une nouvelle franchise des studios Universal, le« Dark Universe », et ça en dit déjà trop.

Tom Cruise chasseur de momie

Je sais que j’ai déjà du le dire ici, mais enfant les momies c’était trop mon dada et j’étais grave amoureuse de Brendan Fraser, rêvant de chevaucher mon dromadaire à ses côtés. Plus d’une décennie plus tard, l’annonce d’un remake de La Momie m’a fait froid dans le dos, et la présence de Tom Cruise dans le rôle principal m’a achevée. Les remakes c’est fatigant, notre enfance est en pleine période de reboots incessants dont on ne sait s’ils permettront de faire connaître les originaux aux plus jeunes (comme Jurassic World), ou si au contraire, la trahison ne sera que plus forte (comme ce que s’annonce être Jumanji, Bienvenue dans la Jungle), et le remake de La Momie allait certainement faire partie de cette dernière catégorie. Et pourtant je fais déjà preuve de mauvaise foi, car les studios Universal sont spécialistes des remakes et des suites, exploitant le bon filon des films de monstres depuis les années trente. Et jusqu’alors, nous n’avions pas de raisons de leur en vouloir (sauf peut-être pour Le Fantôme de l’Opéra).

Après les univers étendus des Marvel et autre DC Comics, les studios Universal ont cru bon de créer à leur tour un univers partagé : Le Dark Universe (ouh la la, c’est noir, c’est bad, ça va faire peur), permettant d’exploiter une nouvelle fois, quitte à la trahir complètement, la franchise des Universal Monster. Alors que La Momie était à peine en pré-production, les studios ont déjà embauché Angelina Jolie pour le rôle de La fiancée de Frankenstein (apparemment réalisé par Bill Condon, réalisateur de La Belle et la Bête), Johnny Depp pour celui de L’homme invisible et sont également invoqués sur l’autel du sacrilège le Bossu de Notre-Dame, Dracula, le Fantôme de l’Opéra, mais également un loup-garou ou encore notre si chère créature du lac noir, qui auront chacun un film à eux pour créer le chaos et la discorde. Je ne voudrais pas être mauvaise langue et rageuse avant même la sortie d’un nouveau titre, mais permettez-moi dès lors de vous rappeler l’échec cuisant de Dracula Untold (Gary Shore, 2014), censé être le premier film de ce Dark Universe de mes deux. Mais soit, parlons peu, parlons sérieusement, parlons de ce pour quoi vous êtes arrivés là. Autant vous le dire de suite, si vous lisez des critiques pour savoir quoi regarder ce soir, préférez-lui la version de 1999, plus drôle et plus obséquieuse, aux faux-airs d’une aventure d’Indiana Jones. Ici, Tom Cruise vole des trésors, couche avec de jolies femmes et est en proie avec une redoutable démone, la Momie. Ce dernier point aurait pourtant pu être intéressant – ça nous changeait des momies masculines – mais trop peu abordé si ce n’est pour nous montrer à nouveau le corps féminin vu par des yeux masculins. En effet, ici, la « Momie » préfère une tenue en cuir moulante à souhait plutôt que des vieilles bandelettes de gazes puant le renfermé. Abusant des séquences de cascades – cela doit être dans le contrat de Tom Cruise – et de caméo un peu tiré par les cheveux – Docteur Jekyll et son acolyte Mister Hyde incarné par Russel Crowe – le long-métrage donne l’impression que les studios Universal ont oublié l’essentiel de leur cahier des charges :  faire une franchise de films d’horreur. On assiste là plutôt à un énième « Tom Cruise Movie », un film d’action sans saveur qui rate son sujet et méprise sa mythologie. Alex Kurtzman signe ici sa deuxième réalisation (la première est totalement inconnue) et devrait se cantonner à ce qu’il sait faire le mieux, la production.

Cela dit l’édition DVD proposée par Universal bénéficie de nombreux bonus qui sauront ravir sans laisser sur leur faim les plus fans d’entre nous : scènes coupées, versions longues (quoique c’était déjà suffisamment long comme ça), Tom Cruise qui parle de Tom Cruise et aussi des cascades de Tom Cruise, la création des effets spéciaux, commentaires audios, Russell Crowe qui explique comment il parvient à jouer de manière aussi nulle les deux personnalités de Docteur Jekyll et Mister Hyde… Point bonus toutefois, pour une bande dessinée animée présentant l’histoire du personnage d’Ahmanet. Malheureusement pour les studios quoique prévenus avec l’échec du piètre revival de Dracula, La Momie ne fait pas de vagues et s’annonce être un beau navet dont on pas envie de voir la suite. La nouvelle super franchise des studios a beau ne pas être très attendue par le public et ce malgré les castings prestigieux annoncés, nos monstres favoris risquent bien de revenir sans latex et à grand coup de capture de mouvements et d’effets spéciaux générés par ordinateur. À savoir qui va vieillir le plus vite, je prends les paris.


A propos Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie et a écrit un mémoire de recherche s'intitulant "Du masque neutre au masque numérique - Le corps de l'acteur à l'ère de la capture de mouvement", et le titre en jette plus que le contenu !

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