Dickie-Roi


Un jour, un grand homme a dit « tu es un juste un produit du showbiz, merde, merde et MERDE ». Bon, ok. Cet homme c’est Christophe Hondelatte, il ne mesure peut-être pas grand-chose et j’aurais plutôt tendance à le prendre pour un trou de balle, mais c’est en ces termes qu’il s’adressa à Dave lors d’un « CLASH VIOLENT » sur Paris Première. Admettons que Dave est du genre taquin mais c’est ce qui fait son charme, et puis venons-en au fait. Car voilà de l’information de qualité qui vous permettra de briller aux prochains repas en famille : Dave est l’acteur principal d’une mini-série télévisée du nom de Dickie-Roi. Elle date de 1981, elle est éditée par Elephant Films en coffret, et c’est absolument merveilleux.

Du côté de chez Swag

Bon, « merveilleux », le mot est fort, mais je m’emporte. Parce que le saviez-vous, c’est la seule fois dans la filmographie de Dave où il ne joue pas son propre rôle, si jamais la question tombe au Trivial Pursuit vous saurez quoi répondre. Mais dans un sens, même si Dave n’était que le second choix de l’autrice du livre Dickie-Roi (le premier étant Patrick Juvet), on le retrouve malgré tout dans le rôle d’un chanteur pour midinettes, croulant sous le poids d’une industrie qui n’a pas vraiment les mêmes intérêts que lui. Qui plus est, à un moment de sa carrière que l’on pourrait poliment qualifier de « creux de la vague », sa réincarnation dans un personnage traversant une crise similaire était donc amusante à soulever.

Les six épisodes (de 50min chacun) ont été réalisés par Guy Lefranc qui a quand même pas mal de bouteille au moment des faits, mais adaptent donc l’histoire de Françoise Mallet-Joris, une écrivaine de renom qui a également contribué à l’écriture de la série. Dickie-Roi raconte donc l’histoire du chanteur éponyme (incarné par Dave) au cours de sa tournée, en proie aux stratégies de l’industrie musicale et également à la pression des fans. Ainsi, plusieurs points de vue sont développés au cours de la série : celui de Dickie et de son entourage, celui d’un fan-club le suivant dans toutes ses tournées et enfin celui de son agent (incarné par notre Jean Benguigui adoré) le cul entre deux chaises entre son amitié pour Dickie et son rôle dans l’industrie. Mais ce n’est pas tant le défilé des têtes connues (Dave, Benguigui, Catherine Jacob, André Falcon, Hugues Quester et j’en passe) que l’on retient que la galerie de personnages témoins de leur époque. J’ai éclaté de rires à plusieurs reprises, ne serait-ce que grâce à la troupe du fan-club où la jeune ingénue de 17 ans parvient à rappeler à presque chaque réplique qu’elle est vierge, où une caricature gauchiste trouve toujours le moyen de s’offusquer contre les médias, les bourgeois à chaque réplique lui aussi (et le personnage est incarné par Renaud Marx. RENAUD. MARX.) mais il y a aussi des scènes complètement inattendues comme Dave qui se drogue en slip, une groupie qui lui plante un couteau à beurre dans la cuisse, et même un miracle canin. Je ne sais pas si à l’époque ça faisait pitié, mais aujourd’hui je vous assure que ça vaut le coup d’œil.

On rigole beaucoup devant Dickie-Roi, sans doute parce que la série est délicieusement kitsch à certains égards. Un doux parfum suranné lui procure un charme irrésistible quand on prend un plaisir presque malsain à contempler ce qui se faisait dans les années 80. Mais au-delà des bonnes tranches de rigolade, la série assume son propos et traite son sujet avec sérieux. Aussi, j’ai trouvé remarquable que les personnages de l’histoire se substituent si bien aux acteurs que l’on prend pourtant un malin plaisir à reconnaître de prime abord. Je m’explique, au début  je baignais dans un enthousiasme sans précédent, car ça me faisait marrer de voir Dave (par habitude de ne le voir qu’en caméo, notamment) qui tentait parfois tant bien que mal de jouer la comédie, mais il m’a fallu reconnaître que passé le premier épisode, c’était bel et bien l’histoire de Dickie-Roi qui me préoccupait. Car le fond de l’histoire est finalement dramatique, voire fataliste. Et de là à dire que Bojack Horseman ne serait rien sans Dickie-Roi, il n’y a qu’un pas (que je n’ai pas franchi, gardons notre sérieux trente secondes je vous prie).


A propos Nicolas Dewit

Maître Pokémon depuis 1999, Nicolas est aussi champion de France du "Comme ta mère" discipline qu'il a lui même inventé. Né le même jour que Jean Rollin, il espère être sa réincarnation. On sait désormais de source sure , qu'il est l'homme qui a inspiré le personnage du Dresseur "Pêcheur Miguel" dans Pokemon Rouge. Son penchant pour les jeux vidéoludiques en fait un peu notre spécialiste des adaptations cinématographiques de cet art du pauvre. Il aime aussi les animés japonaises pré-Jacques Chirac, sans vraiment assumer.

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