L’enfer au dessous de zéro


Sidonis Calysta met à l’honneur l’acteur Alan Ladd avec deux sorties en DVD : Le serment du Chevalier Noir  et L’enfer au dessous de zéro, que Fais Pas Genre a maté et devant lequel il est resté assez…Froid.

Produits frais

Bien qu’il soit certainement inconnu de beaucoup de cinéphiles « jeunes » (je veux vexer personne, alors à vous de définir un âge limite à partir duquel on devient direct vieux), Alan Ladd a été une putain de star hollywoodienne, récoltant le Prix Henrietta aux Golden Globes 1954 (quand je vous dis que ça nous rajeunit pas) de l’acteur favori du monde. Véritable mythe outre-atlantique, il doit à la base sa célébrité au film noir Tueur à gages (Frank Tuttle, 1942), sympathique petit film du genre à la concision efficace, mais dispensé d’une vraie étincelle. Sur Fais Pas Genre, vous avez pu l’apercevoir dans le très bon (cette fois) film noir tardif Lutte sans merci, que Sidonis Calysta nous avait déjà permis de découvrir, qui était lui l’œuvre un peu testamentaire du comédien et un projet qu’il avait poussé à bout de bras. L’éditeur Sidonis choisit de rendre hommage à Ladd avec deux sorties DVD particulières que sont le film de cavalerie Le serment du Chevalier Noir (Tay Garnett, 1954) et le thriller L’enfer au dessous de zéro, que votre serviteur zélé a visionné pour vous bien au chaud dans votre chez vous.

Julie Nordhall est la fille d’un capitaine de baleinier qui disparaît dans d’étranges circonstances (enfin elle est persuadée que son père ne s’est pas suicidé, qu’il n’est pas mort accidentellement non plus, fin bref elle veut en savoir plus) et se rend en Antarctique, là où son père était en fonction, pour en savoir plus. Dans l’avion elle croise Duncan Craig (Alan Ladd) qui tombe sous son charme se fait embaucher sur l’autre baleinier que Julie Nordhall prend pour enquêter, appartenant à la même société que celle qui embauchait son papa, et l’aide à résoudre le mystère. Si l’on met de côté l’amourette entre Julie et Duncan, fort mélodramatique sans le dramatique et faite pour plaire à ces dames en plus d’être archi-convenue et très aisément expédiée, L’enfer au dessous de zéro pourrait représenter une originalité digne d’intérêt, en cette enquête prenant pour cadre un décor peu utilisé du cinéma : l’Antarctique. Malheureusement, pêchant (lol) par son rythme et par son suspense (en fait, on découvre un peu trop et beaucoup trop facilement qui est le tueur) assez absent en définitive. Reste l’aspect documentaire, relativement précis sur le travail de baleinier, filmé avec réalisme par Mark Tobson…Mais qui fera bondir le moindre des écologistes tant la pêche à la baleine semble être l’activité la plus normale du monde (c’est l’époque hein).

Cependant Sidonis nous fait une nouvelle preuve de son sérieux et de sa qualité d’éditeur, en livrant une édition prompte à célébrer Alan Ladd, ce qui est son but avoué. Un transfert au mieux on imagine eu égard aux copies à disposition, mais surtout, en plus de la galerie photos et de la présentation de Patrick Brion que l’on retrouve en alternance avec François Guérif et Bertrand Tavernier selon les films édités, un très intéressant documentaire Alan Ladd, le véritable homme tranquille qui permet de suivre la trajectoire de ce comédien symbole d’un certain Hollywood. Un hommage qui lui ferait certainement zizir s’il était encore de ce bas monde.


A propos de Alexandre Santos

En parallèle d'écrire des scénarios et des pièces de théâtre, Alexandre prend aussi la plume pour dire du mal (et du bien parfois) de ce que font les autres. Considérant "Cannibal Holocaust", Annie Girardot et Yasujiro Ozu comme trois des plus beaux cadeaux offerts par les Dieux du Cinéma, il a un certain mal à avoir des goûts cohérents mais suit pour ça un traitement à l'Institut Gérard Jugnot de Jouy-le-Moutiers.

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