David Lynch : The Art Life


Après avoir été montré dans divers festivals comme Venise, le documentaire David Lynch : The Art life s’offre aux yeux du public français dans le cadre du PIFFF. Fais Pas Genre plonge la tête la première dans la psyché de l’un des artistes les plus fascinants de notre temps.

Lynch Connection


David Lynch est sans doute l’un des cinéastes les plus surprenants que l’on ait connu mais c’est aussi un artiste complet qui exporte son talent et son univers bien à lui dans d’autres domaines que le cinéma comme la musique, la photographie et surtout la peinture. Personnage mystérieux et fascinant, on s’est tous un jour demandé d’où pouvaient bien provenir toutes ces images qui font la « patte lynchienne » et c’est ce à quoi ce documentaire s’intéresse.

C’est dans son atelier, loin des plateaux de cinéma, que l’auteur de Mulholland Drive (2001) accepte de se livrer sur ses jeunes années et sur la manière dont la somme de toutes ses expériences l’ont façonné en tant qu’artiste. Malgré sa réticence connue pour ce genre d’exercice, on est surpris de voir un David Lynch prendre la parole et remonter le fil de sa propre histoire et tenter de reconstituer un puzzle. L’homme nous dévoile donc son histoire, celle d’un petit garçon ayant vécu l’American Way of Life dans une famille aimante et attentionnée. Pas de traumatismes, le jeune Lynch découvre peu à peu à travers une passion pour le dessin ce qui deviendra l’amour de sa vie et son mantra : l’Art.

Le documentaire, aux allures d’interview/confession où Lynch se livre, possède une construction pour le moins atypique sur le plan formel. Extrêmement travaillées d’un point de vue sonore mais aussi visuel, les séquences dans l’atelier-monde de Lynch ont ce côté fascinant, étranges et hypnotiques, très proche du travail de Lynch en personne. On tente de nous faire ressentir l’art et non de juste nous mettre dans la position de spectateur privilégié regardant cet artiste peindre, imaginer, organiser, construire ou encore éduquer sa très jeune fille. Le tout est entrecoupé d’images d’archives renforçant l’impact même de cet objet documentaire : voir l’auteur de Lost Highway (1997) et Blue Velvet (1986) se livrer sans fard et en toute liberté sur l’Art, sa manière de l’appréhender et sa philosophie de vie.

Nguyen, Neergaard-Holm et Barnes ont créé une superbe étude sur le cas Lynch tout en conservant et capturant en image cet homme, son art naviguant aux portes du surréalisme ainsi que son pouvoir de fascination qui intéressera toute personne voulant en savoir plus sur Lynch. The Art Life, c’est avant tout un créateur qui nous ouvre une petite porte vers son esprit et qui a accepté de nous guider sur des questionnements bien spécifiques. Le mystère Lynch reste entier et, tel un iceberg, laisse immerger une grande partie de son esprit. Mais cependant, il peut s’avérer être une source de déception pour tout ceux qui attendaient de voir l’homme parler de son processus créatif mais aussi de ses œuvres cinématographiques (le film s’arrêtant sur un David Lynch racontant le tournage de Eraserhead (1977), on peut avoir le sentiment qu’il se termine là où il aurait dû démarrer). David Lynch : The Art Life est un bien bel objet filmique aussi singulier que son sujet. Un documentaire fascinant qui ravira tous les curieux qui veulent en savoir plus sur les méandres de la création, l’art de créer et la philosophie d’un artiste qui a décidé de vivre l’Art.


A propos Mathieu Pluquet

C'est après avoir découvert Le Voyage de Chihiro, Blade Runner et L'Exorciste que Mathieu se passionne pour le cinéma; depuis cette passion ne l'a pas quitté. Sinon il aime les comics, le café et est persuadé qu'un jour il volera dans le TARDIS et rencontrera le Docteur (et qu'il pourra lui piquer son tournevis sonique).

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *