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Le PIFFF nous offre l’occasion de pouvoir visionner le nouveau film de Rob Zombie, le susnommé 31. Fais Pas Genre a joué le jeu pour vous et a été témoin du retour très attendu de l’auteur de La Maison des 1000 morts (2003) au genre qui l’a vu naître et l’a porté au rang de réalisateur culte.

Jeu de Massacre

Après un passage par le thriller surnaturel avec l’inégal mais élégant The Lords of Salem (2013) et de nombreuses tentatives hors du genre – comme le biopic d’une équipe de hockey de Philadelphie dans les années 1970 Broad Street Bullies – Rob Zombie revient aux fondamentaux avec 31. Relecture brutale, rock n’roll et peuplée de rednecks que le réalisateur affectionne du classique La Chasse du Comte Zaroff (Ernest B. Schoedsack & Irving Pichel – 1932), 31 nous raconte l’histoire de cinq forains qui se font capturer la veille d’Halloween pour participer contre leur gré au 31, un jeu macabre où ces derniers devront survivre douze heures durant aux attaques d’une belle brochette de psychopathes armés jusqu’aux dents et surtout avec un penchant très prononcé pour le sadisme. Vous l’aurez compris, Zombie renoue avec son univers trasho-hystérique qui a fait sa renommée et où la moralité est à l’image des protagonistes : malmenée et en grand danger. Avec une image ayant un certain cachet, rappelant au passage l’amour de Zombie pour le Massacre à la tronçonneuse (1982) de Tobe Hopper, le réalisateur de The Devil’s Rejects (2005) signe son retour à l’horreur avec un objet filmique anxiogène où l’on retrouve la patte de l’artiste dès une première scène alléchante et maitrisée où le personnage de Doom Head – incarné par le très inquiétant Richard Brake – semble briser le quatrième mur en nous prenant à partie avant de tueur sauvagement sa victime.

Mais hélas, ce début certes prometteur et efficace tranche complètement avec la suite du film. Les personnages principaux des forains sont réduits à l’état de fonction – en l’occurrence ici, de proies pour une espèce de chasse à l’homme lugubre et cotée – et souffrent d’un cruel manque de développement malgré une (trop ?) longue exposition et qui empêche toute empathie pour les malheurs qui les accablent. Les acteurs cabotinent plus ou moins et deviennent assez vite insupportables alors que le véritable intérêt vient de leurs tortionnaires – mention spéciale au nain nazi mexicain et aux frères armés de tronçonneuses débitant les blagues parmi les plus immondes que vous pourrez entendre dans votre vie – qui semblent être les seuls à jouir d’une certaine histoire amplifiant la portée du jeu des acteurs les incarnant. Le film est également une relative déception d’un point de vue visuel avec un Zombie qui ne prend jamais vraiment la peine de quadriller son espace précisément, perdant son spectateur au passage. Les actions ainsi que les mises à mort sont surcoupées ; cachant certes le maigre budget du film – Zombie a dû faire deux campagnes de crowdfunding pour boucler ce dernier – mais enlève une bonne part de la tension ou la cruauté de certaines scènes. En plus de cela, le réalisateur n’offre rien de consistant en terme d’histoire en lançant des pistes sans jamais les exploiter, coupant court la création d’un mystère tangible et intéressant – quelles sont les véritables règles de 31 ? Comment les psychopathes sont ils recrutés ? – de nombreuses questions qui ne trouveront sans doute jamais de réponses jusqu’au final aux allures de western.

31 est un film sympathique que l’on regarde sans trop de peine mais qui s’avère décevant au vu de la carrière de Zombie. Ratage ou pur objet récréatif, à vous de décider de ce film certes beau visuellement mais en somme assez pauvre.


A propos de Mathieu Pluquet

C'est après avoir découvert Le Voyage de Chihiro, Blade Runner et L'Exorciste que Mathieu se passionne pour le cinéma; depuis cette passion ne l'a pas quitté. Sinon il aime les comics, le café et est persuadé qu'un jour il volera dans le TARDIS et rencontrera le Docteur (et qu'il pourra lui piquer son tournevis sonique).


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