La Main de la Momie


Il aura fallu huit années pour que la célèbre momie des Universal Monsters (Karl Freund, 1932) obtienne sa suite. Probablement l’une des plus réussies des suites de la célèbre franchise.

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Si t’as faim tu manges ta main

momiemainLe grand prête se meurt et passe le pouvoir de protection du tombeau de la princesse Ananka à son disciple Andoheb. Pendant ce temps, des archéologues sur le point de repartir en Amérique, achètent une urne brisée aux inscriptions étranges. Inscriptions qui indiqueraient l’emplacement exact du tombeau. Ni une, ni deux, ils s’emploient à organiser une expédition dans une vallée inconnue et embarquent avec eux un magicien sponsor et sa fille, car il faut bien une figure féminine pour être enlevée par une momie n’est-ce pas ? Alors qu’elle est présentée comme une suite (pas si) logique de La Momie (Karl Freund, 1932), il s’agit plutôt d’une réécriture du premier opus – un reboot à peine huit ans après si l’on veut – puisqu’on y retrouve non plus Imothep, mais Kahrais, non pas Ank-Souh-Namun, mais Ananka. Puni pour la même raison qu’Imothep – voler les Dieux pour ramener sa bien-aimée à la vie – Kahrais ne meurt cependant jamais. Volontairement gardé en vie par une secte de prêtres chelous, il peut être réveillé quand bon leur semble grâce à une infusion de feuilles de Tana, toxiques pour l’homme, mais revigorantes pour les momies. Un peu moins horrifique et beaucoup plus humoristique que le précédent – fâcheuse manie des suites des Universal Monsters des années 40, ce film fonctionnera comme les suivants, sur un système de flashbacks, piqués aux films originaux, permettant de résumer le précédent film, avec une fin ouverte qui annonce presque le suivant. Notons cependant que de ces flashbacks, la toute petite partie gore (les esclaves transpercés par des lances) sera coupée, la censure commençant à œuvrer en 1940.

momiemain2On retrouve dans La main de la momie, tous les clichés de ces films d’horreur classiques : l’ouverture du tombeau, l’ombre de la momie sur les murs, la jeune fille évanouie dans les bras du monstre – jeune ingénue dont ne tombe pas amoureux le vilain monstre, mais le vilain prêtre et ça, ça change – et le vaillant archéologue beau, fort et téméraire. Un ensemble moins bon que le film original, mais pas dénué de charme, parfait petit film de série B sans ambition ni prétention, film par ailleurs qui me semble plus proche dans l’esprit et dans son scénario du reboot de Stephen Sommers : La Momie (1999) . Les grands fans de momies risquent cependant d’être un peu déçus, car cette dernière n’apparaît que vingt minutes avant la fin du film, mais rassurez-vous, sa présence à l’écran reste tout de même plus importante que celle de Boris Karloff, qui n’était couvert de bandages que durant quelques minutes devant un homme hyper ridé sur qui l’on rêve de tartiner de la crème hydratante par la suite. Du côté de l’équipe technique, si la réalisation du prolifique Christy Cabanne (Le spectre de Frankenstein) est parfaite je garde un petit faible pour la photographie, comme pour celle de tous les films de monstres en noir et blanc. Du côté des acteurs nous retrouvons Dick Foran notamment connu pour son rôle de Sean O’Brien dans le film de John Ford La taverne de l’Irlandais (1963) et que l’on retrouvera dans la suite de La main de la momie sobrement intitulée La tombe de la Momie (1942).

dvdmainmomieRejoignant la collection déjà ample des films Universal Monsters édités par Elephant Films, La Main de la Momie bénéficie, comme ses confrères, d’une édition soignée comportant au choix, un DVD ou un Blu-Ray. Ce dernier est bien évidemment à privilégier, la qualité d’image et de son qu’il offre étant largement supérieure à son vieux cousin. Côté bonus nous retrouvons encore une fois Jean-Pierre Dionnet pour une présentation du film d’une dizaine de minutes, ainsi qu’un court reportage d’une quinzaine de minutes sur la légende de la Momie, de quoi étancher notre soif de culture générale ! La main de la momie est un bon film de la franchise des Universal Monster, pas seulement parce que les momies c’est super cool. Le format court (1H06) encourage les soirées intégrales The Mummy à enchainer les films comme on enchaîné les épisodes d’une série. L’idée soirée pop-corn et coca vous est offerte par l’équipe de Fais pas genre !


A propos Angie Haÿne

Biberonnée aux Chair de Poule et à X-Files, Angie grandit avec une tendresse particulière pour les monstres, la faute à Jean Cocteau et sa bête, et développe en même temps une phobie envers les enfants démons. Elle tombe amoureuse d'Antoine Doinel en 1999 et cherche depuis un moyen d'entrer les films de Truffaut pour l'épouser. En attendant, elle joue la comédie et écrit un mémoire de recherche sur le corps de l'acteur et la capture de mouvement.

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