Scary Movie 5 1


Alors que David Zucker avait annoncé, lors de la sortie de Scary Movie 4 en 2006, qu’il s’agirait du « dernier volet de la trilogie », les frères Weinstein ont préféré mettre en route un cinquième – et, on l’espère vraiment pour cette fois-ci, un dernier – opus. Celui de trop.

SCARY MOVIE 5

Désastreux movie

De tous les films parodiques de la dernière décennie, la franchise Scary Movie reste le pilier, le fer de lance, malgré deux premiers volets à l’humour un peu trop gras (mais dont se sont principalement inspirés les ersatz à la Disaster Movie, Big Movie, Vampires Suck…). La vraie révolution à l’intérieur de cette saga, c’est l’arrivée, en 2003, de David Zucker et d’une partie de son éternelle bande, parmi qui Bob K. Weiss, Pat Proft, Jim Abrahams et l’inimitable Leslie Nielsen. Cette nouvelle équipe pour la franchise, valeur sûre du cinéma comique américain depuis les années ’80, a été saluée par le public et une partie de la critique – qui reste, somme toute, assez hermétique à ce type de comédie – et a indéniablement mené à un quatrième volet d’une qualité un peu inférieure au précédent, et qui, en concluant l’histoire originelle, devait être le dernier. Il DEVAIT.

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Ce cinquième film est donc à mettre à part, puisqu’il raconte une histoire qui n’a plus rien à voir avec ce qui s’est passé précédemment : Anna Faris et Regina Hall ne font même plus partie de l’aventure, et tous les acteurs déjà vus auparavant dans la saga tiennent des rôles différents. L’histoire est donc celle de Dan (Simon Rex) qui, après la mort de son frère, s’occupe avec sa femme Jody (Ashley Tisdale) de ses trois enfants portés disparus pendant longtemps. Durant cette période, les enfants se sont créés une entité surnaturelle qui était là pour les protéger, du nom de Mama ; mais cette Mama veut se débarrasser des nouveaux parents, en particulier de Jody, qui cherchera à briser le mauvais sort avec l’aide de son amie Kendra (Erica Ash).

Vous l’avez compris, Scary Movie 5 parodie Mama, mais aussi Paranormal Activity, La Planète des Singes : les origines, Black Swan, Insidious, Inception, Evil Dead, La Cabane dans les Bois… Le problème, c’est que ça pue le film fait à la va-vite, histoire de se débarrasser une bonne fois pour toutes de cette saga et de s’en laver les mains. Pourtant, si David Zucker cède son poste de réalisateur à Malcolm D. Lee (cousin de Spike Lee et réalisateur de comédies black généralement assez amusantes, comme Soul Men, dernier film de Bernie Mac, dans lequel il partage l’affiche avec Samuel L. Jackson), il garde sa place de scénariste (qu’il partage avec son acolyte Pat Proft), et l’on a peine à croire que le film que l’on voit est écrit par ceux qui sont derrière quelques-unes des meilleures comédies américaines de ces trente dernières années (Hot Shots 1 & 2, la trilogie des Y a-t-il un flic… ?, la série Police Squad, Police Academy, Top Secret !, pour ne citer que ceux-là), tant le résultat ressemble à une caricature de ce qu’auraient pu écrire Proft et Zucker s’ils avaient bossé avec les frères Wayans.

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Simon Rex, avec sa tronche insupportable d’acteur porno des années ’90 (après vérification, Simon Rex ÉTAIT acteur porno dans les années ’90), tient le rôle principal et, comme dans les deux opus précédents, il joue le gaffeur. Mais lorsque l’on utilise toujours les mêmes gags usés jusqu’à la corde depuis deux films, il serait temps d’ouvrir les yeux et de se rendre compte que ce n’est plus vraiment drôle ; une grande partie du film repose malheureusement sur ces gags. Et pourtant, cela ne commençait pas si mal : en introduction, on assiste à la sextape de Charlie Sheen et Lindsay Lohan, ce qui nous vaut quelques moments de pure autodérision tournant autour de l’addiction au sexe pour l’un, et des arrestations à répétition pour l’autre. La séquence se termine sur la mort de Charlie et un carton indique que la police a arrêté de nouveau Lindsay Lohan, suspectée du meurtre. La seconde séquence décroche encore quelques rires, devant Snoop Dogg et Mac Miller. Puis l’histoire commence vraiment, et plus le film avance, plus on se rend compte que lorsqu’il n’y a pas de guest stars, c’est à la limite de l’affligeant. On reconnaît par moments l’humour nonsense de Zucker et Proft (les aspirateurs de piscine qui prennent vie et organisent une soirée Projet X), mais on sent bien que le cœur n’y est plus, que les gags dans le scénario ont été torchés, rallongés et répétés pour que le film ne dure pas moins d’une heure. On ne gardera en mémoire que quelques instants amusants, comme la séquence qui parodie Evil Dead, ou le face-à-face entre Simon Rex et Terry Crews, dans lequel le premier compare le second à un singe, ou encore la séquence post-générique.

Quelques rires (ou plutôt des sourires) ne suffisent pas à faire une bonne comédie, surtout lorsque celle-ci tombe à plat le reste du temps : guests mis à part, les acteurs semblent perdus, et même le bêtisier à la fin témoigne d’un gros manque d’organisation et de rigueur dans le travail. Comme dans toute longue saga de film d’horreur, il y a toujours un épisode de trop ; la franchise Scary Movie a beau les parodier, elle n’échappe pas à la règle, et ce cinquième opus sera bien vite oublié. Il n’a d’ailleurs toujours aucun distributeur ni aucune date de sortie dans l’Hexagone, mais je peux vous dire que de toute façon, ça ne presse pas. Merci, mais non merci.


A propos de Valentin Maniglia

Amoureux du bis qui tâche, du gore qui fâche, de James Bond et des comédies musicales et romantiques. Parle 8 langues mortes. A bu le sang du Christ dans la Coupe de Feu. Idoles : Nicolas Cage, Jason Statham et Michel Delpech. Ennemis jurés : Luc Besson, Christophe Honoré et Sofia Coppola.


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