Street Fighter   Mise à jour récente !


Aujourd’hui, mythe, gavage, légende, les 90s dans leur plus beau costume: Street Fighter, JCVD et Kylie Minogue.  Chouette tableau. Déjà à l’époque,  toute licence à succès méritait son adaptation en dessin animé ou en film mais le cas du jeu vidéo se tenait encore un peu à part en dehors de Mario Bros et Mortal Kombat (heureusement tout compte fait), rien de bien sérieux malgré qu’on rigole bien quand même. Steven E. de Souza qui n’est pas tout à fait un mickey (Running Man, Piège de Cristal, Le Flic de Beverly Hills et plus tard Judge Dredd) décide de s’attaquer à l’une des licences les plus juteuses du moment, celle qui brasse plus de pièces jaunes que les restos du coeur rien que dans un bistrot miteux et en une seule après-midi: Street Fighter. Et on ne s’attaque pas à un jeu de baston sans prendre de coups, malgré qu’il s’en soit plutôt bien sorti, il faut le reconnaître.

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Go home and be a family movie

Vous savez ce que ça fait de recevoir des lettres de menace? Non? Et bien moi oui, à cause d’Intervista en plus, et un peu de Paul W.S. Anderson aussi.  Laissez-moi vous dire une chose, les plus à craindre ne sont pas les illuminatis, les talibans ou encore les juifs, ni même les lascars de Barbès et encore moins l’association Familles de France mais plutôt les joueurs de jeux vidéo. Oui, je m’oppose tel un pilier de marbre immuable, éternel à cette légende selon laquelle « maaaais non, les jeux ne rendent pas violents, c’est les médias qui veulent juste nous faire passer pour- »  car on pense trop souvent aux deux premières guerres mondiales, la guerre froide et mai 68, mais croyez-moi, tapis dans l’ombre des agitations internationales, de dangereux individus se livraient à moult affrontements d’une violence inouïe. Les survivants tremblent à la seule évocation de ces conflits car personne n’est ressorti indemne de cette guerre sainte opposant l’Amiga à l’Atari ni de cette fameuse blitzkrieg entre Sega et Nintendo. Pensez-vous, le sang a même coulé lorsqu’il a fallu déterminer le genre de « la » Gameboy. Il y a quelque mois, j’ai fait l’erreur de glisser quelques commentaires  médisants à l’encontre de Street Fighter dans mon papier sur le sympathique film Mortal Kombat et c’est bien là mon erreur. Ces gens-là ne sont pas des déconneurs parce qu’il y a des sujets avec lesquels on ne rigole pas, un peu comme les différences entre Ryu et Ken. Alors pensez-vous, ils n’allaient pas me laisser tranquille après avoir lustré le poil du sympathique Mortal Kombat en public, c’est donc à l’intérieur d’une large enveloppe que j’ai pu dénicher entre le doigt d’un parfait inconnu, une tête de cheval et une lettre de menace un exemplaire du film de Street Fighter, de Steven de Souza.

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D’abord, que savez-vous de Street Fighter? Je vais vous le dire moi, c’est tout simplement LE jeu à côté duquel il est impossible d’être passé à condition de ne pas avoir passé les années ’90 dans un pays des Balkans. D’ailleurs, il n’est pas trop tard pour se rattraper et je n’en dirais peut-être pas autant du film qui s’est chargé  de son adaptation malgré que l’on passe un chouette moment devant, il faut bien le dire. Après l’avoir revu, je souhaiterais revenir sur ce que j’avais pu dire à son encontre lors de mon papier sur Mortal Kombat puisque j’avais dû y glisser que l’on y sentait moins cette envie de faire plaisir au fan et d’y distiller l’esprit du jeu d’origine, que nenni ma bonne dame, j’irais même jusqu’à vous inciter à acheter le DVD maintenant que Megaupload est mort.
Street Fighter au cinéma, vaste sujet, on chuchote même dans les couloirs d’Intervista qu’un dossier serait en préparation. En fait non et d’ailleurs, à part une scène absolument mythique (dans le non-moins culte Niki Larson) et un récent film avec Kristin Kreuk et l’indien des Black Eyed Peas , peut-être serait-il bon de se réjouir que ce ne soit pas allé plus loin, les meilleures blagues sont les plus courtes.

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Comme je sens que chacun de mes paragraphes devra commencer par une question, si je vous parle de Guile? Et maintenant, Jean Claude Van Damme? Je vois d’ici des étincelles s’allumer dans les yeux de tous ceux qui semblaient incrédules jusque lors. Je ne sais pas pour vous, mais savoir notre belge international interpréter le meilleur personnage de Street Fighter, cela se traduirait pour les plus jeunes par Chuck Norris dans le rôle d’un guerrier dans Warcraft: autrement dit, l’alchimie parfaite, un belge parlant vaguement anglais enfilant les bottes de l’Américain le plus classe du monde et ce n’est pas John Wayne qui me contredira. D’ailleurs il ne me contredira pas non plus si je parle du casting à la fois parfait et en même temps à l’opposé du Street Fighter que l’on connaît tous. Voyez plutôt: Kylie Minogue dans le rôle de cette pimbêche d’arriviste qu’est Cammy, la petite morue issue de Super Street Fighter II, nouvelle machine à fantasme destinée à remplacer Chun Li qui n’exhibait pas assez sa chaire. Feu Raúl Juliá y jouera le dernier rôle de sa vie sous la cape du diabolique M. Bison, la hantise de ceux à qui il ne restait plus qu’une seule pièce de 2 Frcs dans la salle d’arcade. La légende voudrait qu’il ait succombé aux blessures causées par un Sonic Boom mal encaissé. Ming-Na, reconnue depuis pour ses rôles dans  Mon oncle Charlie, Urgences et Stargate Universe, elle s’est faite remarquer pour sa (brillante?) interprétation du personnage de jeu vidéo le plus important de l’histoire de par ses cuisses diaboliquement musclées. J’ai nommé l’inénarrable Chun-li.

Pour compléter le tableau, de Souza tenait à faire apparaître l’intégralité du casting Street Fighter et nous a gratifié de quelques suprises pour les 12 personnages restants, sans trop m’y attarder, imaginez-vous Honda et Balrog en intermittents du spectacle, Dhalsim en scientifique et le duo Zangief/Dee Jay en sbires débiles (un peu comme Bebop et Rocksteady dans les Tortues Ninja, pour vous situer). Le ridicule des situations passe en fait plutôt bien passé l’instant où le spectateur comprendra que Street Fighter n’est pas une adaptatation sérieuse du background de la série mais plutôt un film rigolo avec des scènes d’action, dixit Steven. Le monsieur n’est d’ailleurs pas étranger à la franchise nous dit-il avant de concéder s’être fait mettre minable par son fils tous les samedis matins, qui avait eu le temps de maîtriser le bas+gros poing, lui. Ces défaites peuvent peut-être s’expliquer par le fait qu’il jouait les yeux bandés, hypothèse hautement probable lorsqu’il déclare avoir préféré prendre des acteurs ressemblant que de bons cascadeurs mais nous ne lui en tiendrons pas rigueur, ce serait s’attarder sur des détails qui pourraient gâcher le plaisir que l’on pourrait simplement prendre devant ce film. Si il faut savoir être bon public pour ne pas crier au foutage de gueule (Guile joué par un belge, pourquoi pas Mimie Mathy dans le rôle de Willow pendant qu’on y est), tout joueur averti réagira comme devant Mortal Kombat et ses références pointues savamment distillées. En effet, entendre Guile et Bison répliquer avec les phrases de fin de combat issues du jeu fera trépigner du pied tout joueur qui se respecte, depuis toujours avide d’entendre des punchlines aussi viriles en vrai. Enfin, histoire de, chaque personnage aura l’occasion de faire une des attaques qui le caractérise dans le jeu, toujours dans un souci de plaire au fan, on regrettera quand même qu’elle n’arrivent que vers la fin, « histoire de ». C’est d’autant plus regrettable quand on a vu le film Niki Larson (Wong Jing, 1993, avec Jackie mega-Chan) qui a littéralement exaucé le rêve de tous les joueurs de Street Fighter lors d’une séquence inoubliable durant laquelle nos héros se déguisent en Ken, Guile, Dhalsim, Chun-li & co pour se mettre sur le groin en faisant les pitres. Un peu comme ici en fait.

Très simplement, vous aimez les nanars? Jean Claude Van Damme? Les DVD à 0,50€ en brocante? Street Fighter? Tout en même temps? N’hésitez plus un seul instant, vous pouvez ne pas aimer, mais ce serait moche de louper ça.

Nicolas Dewit

 

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A propos Nicolas Dewit

Maître Pokémon depuis 1999, Nicolas est aussi champion de France du "Comme ta mère" discipline qu'il a lui même inventé. Né le même jour que Jean Rollin, il espère être sa réincarnation. On sait désormais de source sure , qu'il est l'homme qui a inspiré le personnage du Dresseur "Pêcheur Miguel" dans Pokemon Rouge. Son penchant pour les jeux vidéoludiques en fait un peu notre spécialiste des adaptations cinématographiques de cet art du pauvre. Il aime aussi les animés japonaises pré-Jacques Chirac, sans vraiment assumer.

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