Bienvenue à Zombieland


Le zombie constitue sans aucun doute l’une des figures les plus emblématiques du monde horrifique, aux côtés du vampire ou encore de la momie. Maintes fois exploité, le film de zombies s’est toutefois éteint durant les années 90, la faute à un cinéma qui ne parvenait à se renouveler. Cependant, au début des années 2000, le zombie est revenu au goût du jour, en se dotant d’une seconde jeunesse, notamment dans L’Armée des Morts de Zack Snyder, où l’on y découvre des zombies qui courent et qui n’ont rien à envier aux meilleurs sprinters olympiques. Le zombie a aussi été exploité à des fins humoristiques dans le cultissime Shaun of the Dead. Seulement voilà, Papy Romero est de retour et le genre doit à nouveau se renouveler au risque d’être enterré à nouveau (pauvres zombies quand même…).

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Welcome

Mais voilà, sorti tout droit de nulle part, là où personne ne l’attendait, débarque sur nos écrans Bienvenue à Zombieland, traduction française de Zombieland. Sérieusement, il faudrait penser à dire aux distributeurs que ce n’est pas parce que un film parlant des ch’tis a (trop) bien fonctionné qu’il faut traduire tous les film d’horreur par « Bienvenue à… ». (on nous a déjà fait le coup avec Bienvenue au cottage donc voilà). Revenons-en au film en lui-même. Ruben Fleischer, dont c’est le premier long-métrage, a semblerait-il, voulu faire une adaptation américaine de Shaun Of The Dead. Seulement, notre réalisateur américain est apparemment doté d’un cerveau puisqu’au lieu de faire une simple transposition plan par plan, notre ami a souhaité conférer à son bébé, une véritable identité, à savoir, un petit quelque chose de Tennessee… (Johnny fait toujours des émules).

L’histoire est on ne peut plus originale. Columbus (Jesse Eisenberg) est un ado typique, un peu geek sur les bords, totalement coincé avec les filles. Étudiant au Texas, il reçoit la visite d’une charmante jeune fille (qui normalement ne devrait pas s’intéressait aux types dans son genre) et s’endort sur son canapé. Mais soudain, oh surprise, elle se réveille, zombifiée et tente de le dévorer. Mais c’est sans compter l’aide d’une cuvette de chiottes, grâce à laquelle il parvient à la terrasser. A partir de là, il décide d’élaborer toute une série de règles afin de survivre aux zombies (une sorte de guide du routard en quelque sorte). D’ailleurs, ces règles sont illustrées à différents moments du film grâce à une petite indication sur l’écran.

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Notre héros décide donc de s’enfuir pour retrouver ses parents. Sur la route, il fait la rencontre de Tallahassee (Woody Harrelson), une sorte de mercenaire dont le seul objectif est de trouver un twinkies (une marque de brioche locale). Au cours de leur périple, nos deux compères vont faire la connaissance de deux sœurs, Witchita (Emma Stone, aperçue dans le teenage Supergrave) et Little Rock (Abigail Breslin, remarquée notamment dans Little Miss Sunshine). Une rumeur circule selon laquelle une zone serait encore épargnée (n’empêche, y’a pas à dire, niveau originalité, les films de zombies, y’a rien de mieux !). Au cours de leur périple, ils feront un arrêt dans la villa de Bill Murray qui incarne ici, son propre rôle. On a même droit à un joli clin d’œil au film Ghostbusters (à quand un S.O.S. Fantômes III ??!!). L’aventure se conclut, non pas dans un centre commercial, mais dans un magnifique parc d’attractions (on a cherché Mickey, mais malheureusement il semble qu’il ait été dévoré par une horde de zombies affamés).

Le film ne manque pas de rythme et ne souffre d’aucune longueur. On se délecte de ce survival où l’humour règne en maître et où chaque situation est prétexte à une scène cocasse. Woody Harrelson est parfait et son jeu d’acteur nous fait penser quelque peu au personnage qu’il jouait dans Tueurs-nés d’Oliver Stone. Emma Stone, toujours aussi séduisante, a l’air se sentir parfaitement à l’aise et montre qu’elle en a plus que ce pauvre petit Columbus. Cependant, le film relance un vieux débat à propos des clowns. Il serait intéressant que les gens nous livrent leurs opinions sur ces êtres hideux, avec leur air pervers et leur putain de nez à la con ! A quand un groupe contre les clowns sur le plus grand réseau social de tous les temps ?

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Trêve de plaisanteries, cela fait du bien de voir un peu de fraîcheur au pays des zombies car ça commençait sérieusement à sentir le réchauffé ! Shaun of the dead avait acquis le statut de film culte dès sa sortie, alors qu’en est-il de celui-ci ? Pour ma part, je dirais que malgré quelques petites maladresses, le jeune Fleischer ne s’en est pas trop mal sorti et nous livre là, l’un des meilleurs films de zombies, sorti depuis ces quelques années (du moins, excepté, ceux de Romero et les 28 jours/semaines/mois/années/siècle/millénaire/etc…) L’humour serait-il donc devenu un remède à la crise ? Devons-nous, nous attendre à voir l’humour s’infiltrer dans le monde du porno ? Je ne pense pas que nous en sommes encore là mais bon, l’avenir est quelquefois fait de surprise auxquelles on ne s’y attend pas. Et on peut dire que Zombieland en est une très bonne. Alors très chers amis cinéphiles, pour une fois, vous avez la chance qu’un film pop-corn du samedi soir soit de bonne qualité. Alors, pour changer des super héros en collant et autres pilotes de grosses cylindrées, rendez-vous au pays des morts vivants pour un voyage d’1h20 qui ne manquera pas de vous faire sourire et étrangement de vous donner très faim .

P.S. : Si quelqu’un a déjà goûté un « Twinkies », qu’il se manifeste pour que l’on puisse savoir ce qu’ils ont de si délicieux pour qu’un homme mette sa vie en péril pour pouvoir en savourer une bouchée ?


A propos de Valentin Maniglia

Amoureux du bis qui tâche, du gore qui fâche, de James Bond et des comédies musicales et romantiques. Parle 8 langues mortes. A bu le sang du Christ dans la Coupe de Feu. Idoles : Nicolas Cage, Jason Statham et Michel Delpech. Ennemis jurés : Luc Besson, Christophe Honoré et Sofia Coppola.

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